Rached Ghannouchi, président du Parlement tunisien, dont les travaux ont été suspendus, a affirmé, jeudi, que "la reprise des travaux du Parlement est inéluctable, que cela plaise ou non."
C'est ce qui ressort d'une intervention de Ghannouchi lors du rassemblement organisé par le mouvement "Citoyens contre le coup d'État – Initiative démocratique" dans la capitale, Tunis, en présence de personnalités du mouvement, de militants politiques et de députés, en solidarité avec le leader d’Ennahdha, Noureddine Bhiri (actuellement en détention).
Le 31 décembre dernier, Ennahdha a signalé "l'enlèvement" de Bhiri par des agents de sécurité en civil. Il a été transféré dans un hôpital, le 3 janvier, après que son état de santé se soit détérioré en raison de la grève de la faim qu'il a entamée pour protester contre son arrestation.
Ghannouchi a déclaré dans son intervention que "les travaux du Parlement reprendront inéluctablement, que cela plaise ou non."
Évoquant la crise politique que traverse la Tunisie, Ghannouchi a déclaré : "Le projet de Kaïs Saïed ne se poursuit que du fait de notre division en tant que forces politiques, en plus de la tendance à l'exclusion et à la diabolisation de nos 10 ans de révolution."
Et d'ajouter : "Nous devons tirer les leçons de ce qui s'est passé, car aucun d'entre nous, à lui seul, n'est en mesure de faire face à cette épreuve", en référence aux mesures décidées par le président Kaïs Saïed.
"La démocratie est un train à l'arrêt devant lequel se trouve un barrage : ce barrage doit être écarté", a ajouté Ghannouchi.
Le président du mouvement Ennahdha a souligné que "la situation (en Tunisie) est comparable à celle des mouvements nationaux (de lutte pour l'indépendance), et les devoirs envers la nation doivent primer sur les considérations partisanes."
La Tunisie traverse une grave crise politique depuis le 25 juillet dernier, date à laquelle Kaïs Saïed a décidé d'imposer des mesures d'exception, notamment le gel des pouvoirs du Parlement, la promulgation de lois par décrets présidentiels, la révocation du gouvernement et la nomination d’un nouveau, à la tête duquel il a désigné l'universitaire Najla Bouden.