{"id":91587,"date":"2023-03-06T00:00:00","date_gmt":"2023-03-06T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/iumsonline.cloud\/2023\/03\/06\/en-turquie-un-mois-apres-le-seisme-comme-si-cetait-hier\/"},"modified":"2023-03-06T00:00:00","modified_gmt":"2023-03-06T00:00:00","slug":"en-turquie-un-mois-apres-le-seisme-comme-si-cetait-hier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/2023\/03\/06\/en-turquie-un-mois-apres-le-seisme-comme-si-cetait-hier\/","title":{"rendered":"En Turquie, un mois apr\u00e8s le s\u00e9isme, \u00abcomme si c&#8217;\u00e9tait hier\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>En Turquie, un mois apr&egrave;s le s&eacute;isme, &laquo;comme si c&#39;&eacute;tait hier&raquo;<\/p>\n<p>KAHRAMANMARAS:&nbsp;Depuis le pont, Adem Serin observe en contrebas les sept pelleteuses qui brassent les d&eacute;combres de sa r&eacute;sidence et le ballet des camions bennes qui se relaient pour les &eacute;vacuer.<\/p>\n<p>&quot;Pour moi, c&#39;est comme si c&#39;&eacute;tait hier. J&#39;entends encore les appels &agrave; l&#39;aide &agrave; chaque &eacute;tage. Cette douleur ne s&#39;effacera jamais&quot;, l&acirc;che le jeune trentenaire, hant&eacute; par ce cauchemar qui les a cueillis en plein sommeil, au 11&egrave; &eacute;tage de leur tour, avec son &eacute;pouse enceinte de cinq mois.<\/p>\n<p>Le 6 f&eacute;vrier, le s&eacute;isme de magnitude 7,8 a d&eacute;vast&eacute; le sud de la Turquie sur 20.000 km2 et une partie de la Syrie. Un mois plus tard, sa ville de Kahramanmaras, &agrave; deux heures de l&#39;&eacute;picentre, tente un grand nettoyage, soulevant des colonnes de poussi&egrave;res port&eacute;es par le vent.<\/p>\n<p>Visible &agrave; plus de 40 km de distance, cet &eacute;norme nuage gris qui flotte au-dessus de l&#39;agglom&eacute;ration de plus d&#39;un million d&#39;habitants enveloppe tout, s&#39;immisce partout, noie l&#39;horizon.<\/p>\n<p>Chaque jour, 250 tonnes de gravats sont &eacute;vacu&eacute;es vers une d&eacute;charge &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur des faubourgs: fers tordus, matelas &eacute;ventr&eacute;s, rideaux d&eacute;chiquet&eacute;s &eacute;mergent entre les plaques de ciments et les miettes de b&eacute;ton.<\/p>\n<p>&quot;On n&#39;a pas rep&eacute;r&eacute; de corps&#8230; mais hier, on a senti une forte odeur&quot;, l&acirc;che Eren Gen&ccedil;, garde-forestier de 26 ans en braquant sa lance &agrave; incendie sur les tas informes.<\/p>\n<p><strong>Plus de 11 000 r&eacute;pliques<\/strong><\/p>\n<p>Selon les autorit&eacute;s, 46.000 personnes ont trouv&eacute; la mort dans la catastrophe en Turquie (et 6.000 c&ocirc;t&eacute; syrien).<\/p>\n<p>Le sinistre chantier attire les badauds, parfois d&#39;anciens habitants en qu&ecirc;te d&#39;un souvenir, comme ce couturier qui esp&eacute;rait retrouver sa machine &agrave; coudre, ou une famille, sa literie.<\/p>\n<p>La catastrophe qui laisse des centaines de milliers de familles sans toit a affect&eacute; le quotidien de 14 millions de personnes.<\/p>\n<p>L&#39;immeuble de Veli Akgoz est toujours debout mais profond&eacute;ment l&eacute;zard&eacute;. Malgr&eacute; le danger, alors que plus de 11.000 r&eacute;pliques ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;es, il a gravi avec son fils les escaliers jusqu&#39;&agrave; son appartement au 7&egrave; &eacute;tage pour r&eacute;cup&eacute;rer l&#39;&eacute;lectro-m&eacute;nager, quelques ustensiles et une porte, qu&#39;il ach&egrave;ve d&#39;arrimer au toit de sa voiture.<\/p>\n<p>&quot;Nous avons pris de gros risques&quot;, reconnait le commer&ccedil;ant de 54 ans dont la famille s&#39;entasse d&eacute;sormais &agrave; treize dans une maison de village.<\/p>\n<p>Quand il faut recommencer sa vie dans un h&eacute;bergement de fortune, un matelas ou quelques couvertures r&eacute;cup&eacute;r&eacute;s de la vie d&#39;avant font la diff&eacute;rence.<\/p>\n<p>Selon le gouvernement, 2 millions de rescap&eacute;s ont trouv&eacute; asile sous des tentes ou dans des conteneurs install&eacute;s dans les stades ou les parcs urbains. Mais l&#39;offre est loin de r&eacute;pondre aux besoins.<\/p>\n<p>Solmaz Tugacar et ses proches se sont r&eacute;solus &agrave; regagner leur domicile endommag&eacute;: &quot;On a peur mais on n&#39;a pas le choix&quot;.<\/p>\n<p>Avec ses voisines, la quinquag&eacute;naire qui prend un th&eacute; br&ucirc;lant sur l&#39;esplanade de la mosqu&eacute;e de Karhamanmaras, transform&eacute;e en centre de distribution d&#39;aide, notamment de repas chauds, cherche toujours une tente.<\/p>\n<p><strong>&laquo;Maras l&#39;H&eacute;ro&iuml;que&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>Elle accuse le responsable de son quartier de &quot;garder l&#39;aide pour ses amis&quot;.<\/p>\n<p>Sur les hauteurs de la ville, onze tentes ont &eacute;t&eacute; dress&eacute;es dans les jardins du mukhtar (le maire de quartier).<\/p>\n<p>Ibrahim Yayla soul&egrave;ve l&#39;entr&eacute;e de l&#39;une d&#39;elles: au sol, quelques tapis r&eacute;cup&eacute;r&eacute;s dans la mosqu&eacute;e voisine et rien d&#39;autre pour h&eacute;berger sa femme, leur fils de 5 ans et leur b&eacute;b&eacute; de deux mois.<\/p>\n<p>&quot;Pour le moment &ccedil;a va, il fait beau, mais quand il va pleuvoir?&quot;. Le jeune p&egrave;re de 31 ans, ne se plaint pas: il est en vie et il a r&eacute;ussi &agrave; sortir tous ses proches des d&eacute;combres, dont ses vieux parents.<\/p>\n<p>Les toilettes au-dessus de la mairie offrent un unique point d&#39;eau au quartier. Mais depuis la derni&egrave;re secousse, samedi, le petit Velihan refuse d&#39;y remettre les pieds: &quot;Il est traumatis&eacute;&quot;, dit Ibrahim qui esp&egrave;re qu&#39;il pourra voir un psychologue.<\/p>\n<p>&quot;On en aura tous besoin&quot;. L&#39;&eacute;lectricien entend toujours les appels &agrave; l&#39;aide des voisins alors qu&#39;il portait sa m&egrave;re sur son dos dans les escaliers.<\/p>\n<p>Le mukhtar ayant pris la pris la fuite apr&egrave;s le s&eacute;isme, c&#39;est Ali Guckiran, coiffeur pour dames, qui assure l&#39;int&eacute;rim.<\/p>\n<p>Il a stock&eacute; en lieu s&ucirc;r les cartons de couches pour b&eacute;b&eacute; et de nourriture et tient rigoureusement &agrave; jour les registres de distribution.<\/p>\n<p>&quot;Chacun vaut pour quinze jours&quot;, justifie-t-il. Mais ces rations contiennent surtout des produits secs &#8211; p&acirc;tes, riz, lentilles&#8230; : &quot;comment les faire cuire sans r&eacute;chaud?&quot;<\/p>\n<p>Avec l&#39;eau, qui fait encore plus cruellement d&eacute;faut dans la province d&#39;Hatay, plus au sud et d&eacute;j&agrave; expos&eacute;e &agrave; la chaleur, l&#39;absence de combustible pour cuisiner est un grave probl&egrave;me.<\/p>\n<p>&quot;L&#39;autre jour, un camion de charbon a descendu la colline, mais les gens se sont servis avant m&ecirc;me que je puisse les ranger&quot;, regrette Ali.<\/p>\n<p>&quot;Mais on est des braves ici&quot;, sourit Ibrahim, qui rappelle que le pr&eacute;fixe &quot;Kahraman&quot;, ajout&eacute; au nom de Maras signifie &quot;l&#39;H&eacute;ro&iuml;que&quot;. En souvenir de la victoire sur les forces d&#39;occupation fran&ccedil;aises apr&egrave;s la Premi&egrave;re guerre mondiale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque jour, 250 tonnes de gravats sont \u00e9vacu\u00e9es vers une d\u00e9charge \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur des faubourgs: fers tordus, matelas \u00e9ventr\u00e9s, rideaux d\u00e9chiquet\u00e9s \u00e9mergent<br \/>\n\u00abOn n&#8217;a pas rep\u00e9r\u00e9 de corps&#8230; mais hier, on a senti une forte odeur\u00bb, l\u00e2che Eren Gen\u00e7, garde-forestier de 26 ans en<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":93633,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[415],"tags":[],"class_list":["post-91587","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-our-news-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91587","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=91587"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91587\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/93633"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=91587"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=91587"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/iumsonline.cloud\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=91587"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}