L'une des pires tragédies de l'histoire du football a eu lieu en Indonésie. Samedi 1er octobre, dans la ville de Malang à l'est de île de Java, 125 personnes ont trouvé la mort dans un stade de football, d'après les autorités indonésiennes, à la suite d'un mouvement de foule et de l'intervention des forces de l'ordre.
Le drame a aussi fait 323 blessés, selon un dernier bilan, dans cet archipel d'Asie du sud-est. Les circonstances exactes restent toutefois encore floues, alors que le bilan était initialement de 174 victimes. Dans une déclaration télédiffusée lundi 3 octobre, le ministre Mahfud MD a appelé la police indonésienne à "identifier" ceux qui "ont perpétré les crimes", estimant que "des mesures doivent être prises contre eux". Voici ce que l'on en sait.
Un très lourd bilan
Le drame s'est produit au stade Kanjuruhan, dans la ville de Malang, antre du club de l'Arema FC. Le club local recevait son voisin – et rival – du Persebaya Surabaya, contre lequel il n'avait plus perdu depuis plus de vingt ans. Alors la défaite de l'Arema FC (3-2) a eu du mal à passer aux yeux des 42 000 supporters. Environ 3 000 d'entre eux ont envahi la pelouse pour manifester leur colère. Une scène malheureusement peu surprenante dans un pays habitué aux violences de supporters.
Un envahissement de terrain, suivi d'un mouvement de foule, qui a coûté la vie à 125 personnes, dont au moins un enfant. Ce drame rappelle de tristes heures, dont les incidents au stade de Hillsborough en Grande-Bretagne en 1989, qui avaient causé la mort de 97 fans de Liverpool. Ou plus récemment ceux du stade de Port Said en Egypte, avec 74 morts en 2012. Le triste record en la matière date de 1964 au Pérou, avec 320 morts à la suite d'un mouvement de foule. Ce drame indonésien et son ampleur sont donc malheureusement historiques.
Gaz lacrymogènes et panique
La police, qui a qualifié cette catastrophe d'"émeutes", a tenté de persuader les fans de regagner les gradins et a tiré des gaz lacrymogènes après la mort de deux policiers. De nombreuses victimes ont alors été piétinées mortellement. Des survivants ont décrit des spectateurs pris de panique, bloqués par la foule, quand la police a lancé des gaz lacrymogènes. Des images capturées à l'intérieur du stade montrent une énorme quantité de gaz lacrymogène et des personnes s'agrippant aux barrières, tentant de s'échapper.