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Dix ans de prison et un million d’euros d’amende encourus contre Jean Messiha pour la mort de Nahel à Nanterre.

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Dix ans de prison et un million d’euros d’amende encourus contre Jean Messiha pour la mort de Nahel à Nanterre.

 

Le 4 juillet dernier, L’avocat de la famille de Nahel, Me Yassine Bouzrou a déposé une plainte concernant le bien fondé de la cagnotte mise en ligne le 29 juin par le polémiste d’extrême droite, Jean Messiha en faveur de la famille du policier ayant tiré mortellement sur le jeune Nahel 17 ans, deux jours plus tôt, lors d’un contrôle routier à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Une cagnotte à l’intitulé plutôt provocateur incitant à soutenir massivement "la famille du policier de Nanterre, Florian M. qui a fait son travail et qui paie aujourd’hui le prix fort" et qui a tout de même recueilli plus de 1,6 millions d’euros en une semaine. Ce mercredi 19 juillet, le parquet de Paris a fait savoir qu’une enquête avait été ouverte concernant ce que plusieurs députés ont qualifiés de "cagnotte de la honte".

Dénonçant par là une monétisation indécente sur la mort tragique de l’adolescent, ces derniers avaient interpellés la justice afin de faire fermer cette cagnotte, en vain. "Cette cagnotte pourrait être considérée comme illégale" et "doit fermer", avait notamment estimé le député (PS) Arthur Delaporte, après avoir saisi la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau.

Sur les réseaux sociaux, des milliers d’internautes choqués ont appelés à la signaler afin que celle-ci soit annulée par la plateforme GoFundMe qui l’hébergeait. Le site de financement participatif qui perçoit 10% de la somme récoltée, avait quant à lui décidé de la maintenir accessible au public, considérant qu’elle "était conforme aux conditions d’utilisation". Une cagnotte qui tombe pourtant sous le coup d’une infraction dérogeant à l’article 1162 du code civil, qualifiant son objet de "trouble contraire à l’ordre public".

Une cagnotte ayant suscité une vague d’indignation tant elle viole les principes d’éthique et de morale. En effet, il s’avère qu’en parallèle une autre cagnotte avait été ouverte en soutien à Mounia, la maman de Nahel et sa famille afin de traverser au mieux cette terrible épreuve, ayant récoltés 6 fois moins de dons que celle du policier.

Jean Messiha, ex-porte parole d’Eric Zemmour, a finalement clôturé de lui-même la cagnotte le 4 juillet dernier sans avoir été inquiété par la justice. Une cagnotte que Jean-François Coulomme, député LFI en Savoie, qualifie de "prime, de chasseur de primes, qui glorifie un assassin pour son crime".

Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille de Nahel a donc saisi le Procureur de la République contre ce dernier, pour "escroquerie en bande organisée, recel d’escroquerie en bande organisée, détournement de finalité d’un traitement de données à caractère personnel et recel de détournement de finalité d’un traitement de données à caractère personnel" et a dénoncé des "manœuvres frauduleuses" et des "mensonges" de Jean Messiha, visant à "tromper" les donateurs pour récolter des fonds.

Les proches de l’adolescent reprochent au polémiste identitaire né au Caire d’avoir "publiquement et mensongèrement présenté l’adolescent comme un ‘multirécidiviste" tout en décrivant le policier "comme un ‘héros du Bataclan’" alors que lors de l’attentat jihadiste qui a visé la salle de spectacle le 13 novembre 2015, le fonctionnaire "ne serait, en aucun cas, intervenu" a déclaré Me Bouzrou, l’avocat de la famille de Nahel.

Jean Messiha est également accusé d’avoir partagé sur Twitter "des informations qui seraient issues du fichier du traitement des antécédents judiciaires de Nahel nécessairement données par un ou plusieurs membres des forces de l’ordre" dans le but de le "criminaliser" souligne l’avocat.  D’après BFMTV, cela constitue une violation du secret de l’instruction, l’affaire pour "homicide involontaire" étant toujours en cours. Cette infraction est punie de trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.

Les enquêteurs se questionnent sur l’intention du créateur de la cagnotte : "Tout l’objet de la procédure, c’est de démontrer quelle est la vocation des fonds collectés", a déclaré auprès de BFMTV, Julie Jacob, avocate spécialisée en droit numérique et en propriété intellectuelle. Sur le site hébergeur GoFundMe, le bénéficiaire est présenté comme "Jen Fleur" censée être l’épouse du policier auteur du tir, ayant reçus les dons le 13 juillet dernier.

"Est-ce que les fonds vont être affectés à la véritable cause qui est visée dans la cagnotte, c’est-à-dire le soutien à la famille, auquel cas c’est légal, ou est-ce que c’est autre chose, comme payer une amende, une sanction ou des dommages et intérêts?", a poursuivi l’avocate.

Dans le cadre d’une procédure pénale, la loi française interdit formellement de payer une amende ou des dommages et intérêts en se servant d’une cagnotte. Pourtant rien n’empêcherait que la famille du policier puisse y piocher pour régler les frais d’avocat. Mais dans sa plainte, Me Yassine Bouzrou a visé "toute personne bénéficiant de la cagnotte, quand bien même elle serait de la famille du policier ayant tué Nahel", tous les bénéficiaires "se rendraient dès lors coupables de recel d’escroquerie en bande organisée".

Accumulées, l’ensemble de ces infractions couteraient à Jean Messiha, l’instigateur de ladite cagnotte, une peine de dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende si la justice décide de les prendre sérieusement en compte dans l’objet de la plainte. Nul doute que ce dernier ferait appel de la décision, comme lorsqu’il a tenté de contester les fracassantes révélations de Mediapart à son sujet.

 

Par Al Djawâb

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