Génocide à Gaza : L’hôpital Al Quds, l’un des plus grand, est actuellement hors service à cause de la pénurie de carburant et de la coupure d’électricité par Israël
L’hôpital Al-Quds de la ville de Gaza a fermé “la plupart de ses opérations” après avoir manqué de carburant et résisté aux bombardements israéliens quotidiens autour du complexe médical depuis dimanche. Selon l’ONU “Plusieurs hôpitaux ont été directement touchés” délibérément visés par Tsahal, portant à “20 le nombre d’hôpitaux hors service dans la bande de Gaza sur 36“.
L’hôpital, situé dans le quartier de Tal al-Hawa et géré par la Société du Croissant-Rouge palestinien (PRCS), a déclaré avoir été contraint d’arrêter la plupart des services “pour rationner la consommation de carburant et assurer un niveau minimum de services dans les prochains jours“.
Elle a éteint son générateur principal et n’en exploite désormais plus qu’un plus petit pour fournir des services essentiels et deux heures d’électricité par jour aux patients et aux 14 000 personnes déplacées qui y ont trouvé refuge. Son service de chirurgie et son usine de production d’oxygène ont été fermés.
“Dimanche, des frappes aériennes israéliennes ont bombardé l’entrée de notre hôpital, tuant quatre personnes à l’entrée et blessant 35 personnes, dont 12 se trouvaient à l’intérieur de l’hôpital”, a déploré Bashar Murad directeur des services médicaux d’urgence du PRCS, exerçant à Al-Quds et dont la famille a fui à Khan Younis.
Qualifiant la situation de l’hôpital comme “la plus catastrophique” de son histoire, il a ajouté que la moitié de ses ambulances sont hors service tandis que sa zone de stockage centrale a été touchée et partiellement détruite. “Nous avons perdu tous les médicaments et équipements dans les entrepôts, d’une valeur d’environ 5 millions de dollars”, a til poursuit.
Comme à l’hôpital Al Shifa, les incubateurs permettant notamment de tenir en vie les bébés prématurés sous couveuses ont également arrêtés de fonctionner à cause de la coupure systématique de l’électricité, causant la mort subite de plus de 400 bébés depuis le début du génocide. La plupart des routes menant à l’hôpital Al-Quds ont été fermées, obligeant les médecins en ambulance à emprunter un seul itinéraire accidenté et non pavé pour atteindre les blessés.
La porte-parole du PRCS, Nebal Farsakh, a déclaré à Al Jazeera : “Nous parlons de bombardements à environ 15 mètres [16 yards] du bâtiment de l’hôpital. La plupart des bâtiments autour de l’hôpital ont été presque entièrement détruits. Les bombardements se rapprochent de plus en plus de l’hôpital et nous craignons qu’il soit directement touché.”
Israël a imposé un siège total à Gaza deux jours après le début de la guerre le 7 octobre, renforçant le blocus existant en place depuis 2007 et limitant sévèrement l’entrée de l’aide, de la nourriture, de l’eau, de l’électricité et du carburant. Selon le ministère de la Santé de Gaza, 18 hôpitaux ont été mis hors service depuis le début de la guerre, soit parce qu’ils manquaient de carburant, soit à cause des bombardements.
Le PRCS “est à court d’options”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il a averti à plusieurs reprises depuis deux semaines que “les réserves de carburant s’épuiseraient si les forces d’occupation israéliennes continuaient à refuser l’entrée de carburant dans la bande de Gaza“.
En raison du manque de carburant et d’une panne de courant, l’établissement hospitalier est actuellement hors service et Le Croissant-Rouge palestinien tient la communauté internationale “responsable” des “conditions humanitaires désastreuses” qui en résultent.
Ce dernier a en effet annoncé dimanche que l’hôpital Al-Quds était hors service en raison d’un manque de carburant et d’une panne de courant. Et a fait savoir qu’il tient la communauté internationale et les signataires de la Quatrième Convention de Genève pour responsables de l’effondrement complet du système de santé et des conditions humanitaires désastreuses qui en résultent.
Par ailleurs, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a également indiqué dimanche avoir perdu le contact avec l’hôpital Al-Quds, dans la bande de Gaza. Depuis le 7 octobre dernier, Israël a coupé l’approvisionnement en eau, en nourriture, en médicaments, en électricité et en carburant pour les habitants de Gaza, au nombre d’environ 2,4 millions de civils.
“Nous avons environ 500 patients à l’hôpital. Nous avons 15 patients aux soins intensifs. Ils sont blessés et sous respirateurs. Nous avons des nouveau-nés dans des incubateurs. Nous avons 14 000 personnes déplacées, dont la majorité sont des femmes et des enfants”, a déclaré Farsakh.
Pour Bérangère Guais, responsable adjointe du service urgences chez Médecins sans frontières, “il n’y a pas d’autre choix qu’un cessez-le-feu immédiat si on veut pouvoir continuer à prodiguer les soins nécessaires” dans la bande de Gaza.
Des Palestiniens, qui souffraient déjà de conditions de vie extrêmement détériorées, résultat du siège israélien en cours depuis que le Hamas a remporté les élections législatives de 2006. “Dans une situation déjà très critique où l’hôpital sera très bientôt à court de carburant, nous ne savons pas si et comment les gens recevront de l’aide”, a déclaré le chef de la FICR, Jagan Chapagain, sur X, exhortant que “Cette souffrance doit cesser, maintenant“.
Pour la 37ème journée consécutive de bombardements intensifs, l’armée israélienne continue de mener une guerre dévastatrice contre Gaza, faisant plus de 11 100 morts, dont plus de 8 000 femmes et plus de 4000 enfants, une trentaine de journalistes et autant d’humanitaires sur place outre plus de 28 000 blessés, selon des sources officielles palestiniennes.
Près de 1 200 Israéliens sont morts et 5 431 blessés par le mouvement Hamas, selon des sources israéliennes. Environ 242 Israéliens ont été capturés, dont des militaires sionistes de haut rang que le Hamas veut échanger contre plus de 7 000 prisonniers palestiniens, dont des enfants et des femmes, dans les prisons israéliennes.
Par Al Djawâb